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AuteurLes génériques, appel d'experts !
RabinOvitch
98    

RabinOvitch
  Posté : 19-06-2009 16:42

Bonjour,

Certains auront déjà vu il y a quelques mois un message de ma part concernant mon mémoire d’étude, pour les autres… vous allez comprendre !

Mon école est une école de commerce en 5ans, c’est ma 4eme année et je dois faire un mémoire dont le thème que j’ai choisi est :
Influence du générique sur la problématique des entreprises de l’univers de la santé (en France)

J’ai parcouru le forum depuis plusieurs mois, regardé un peu comment vous fonctionnez et me faire une idée des gens qui sont ici j’ai suivi certain débat très intéressants, sans participer, je ne suis qu’un modeste étudiant et en plus, pas en pharma !

Voila ! Je souhaite connaitre l’impact des génériques, ce que ca a changé dans les comportement, les démarches commerciales, les marges et résultats des acteurs de la santé... et donc des pharmaciens !

Je vais mettre au point un questionnaire pour que ceux d’entre vous qui le souhaitent puisse y répondre mais j’aimerais aussi connaitre l’avis de personnes « représentatives » des pharmaciens (non, je n’ai pas forcement dit un admin du forum :p)

J’aimerai savoir quel est votre comportement vis-à-vis des génériques, si ca a changé des choses dans la manière de diriger ou de participer à la bonne marche de votre officine (ou des labbos, des industries si j’ai la chance que d’autres personnes que des pharmaciens lisent mon message ), comment cela a pu impacter votre stock et sa gestion, les relations commerciales, quels sont les critères qui vous font choisir un génériqueurs plutôt qu’un autre (qualité du principe actif ? financier ? relation avec le commercial ?) si vous avez changer la manière de vous approvisionner…

Voila en quelques mots.

Je chercher donc quelques personnes motivés, qui acceptent de consacrer quelques minutes par semaines (le temps de répondre à quelques questions) à un pauvre étudiant :-kiss) . Et l’échéance du premier devoir étant fin juillet, vous pourrez partir en vacance l’esprit léger !

Au delà de ces plaisanteries, je souhaiterais monter un « mini groupe de travail » qui me permettrais de répondre à mes questions. Je vous assure que cela ne prendra que très peu de temps, puisque je me contenterai de poser des questions et vous d’y répondre, sur votre quotidien. Mais ceux qui veulent participer plus seront les bienvenues.

Bien entendu mon travail sera mis à disposition... Et tan pis si vous ne pouvez pas m’aider ! je vous remercie déjà d’avoir lu mon message !


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Bixente64
5758       
 Modérateur

Bixente64
  Posté : 20-06-2009 08:59

Il me semble, mais je peux me tromper, qu'il eut été correct, avant que de poster ce message, de contacter le maître de ces lieus et de lui demander son accord...

Ah ! Ces commerciaux....

Là où commence le découragement, se lève la victoire des persévérants.

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Manager
17265       
 Administrateur

Manager
  Posté : 20-06-2009 12:30

Le maitre ne s'y oppose pas tant que le résultat de cette étude nous est proposée en retour et que la méthode m'est clairement été présentée.

  Profil  
RabinOvitch
98    

RabinOvitch
  Posté : 21-06-2009 02:11

Mais j'ai eu contacte Manager, et c'est bien normal , il y a quelques temps par MP pour mon premier sujet dont voici le lien :

http://www.pharmechange.com/viewtopic.php?topic=7312&forum=10

qu'il a eu la gentillesse de déplacer dans cette section puisque je l'avais placé dans la catégorie pharmindustrie

Je ne suis pas vraiment commercial (il y a quelques années certes, pour mon bts et dans le secteur du bâtiment ), mais étudiant en école plutôt marketing (ce qui peut revenir au même selon le point de vue ) mais ma démarche est purement scolaire.

Ce mémoire ne m'est pas proposé par l'entreprise où je m'occupe d'autres projets étant donné que nous ne sommes pas concerné par la distribution et le générique. Le seul lien est qu'elle se situe dans le secteur de la santé et que ce sujet m'intéresse

C'est important que vous compreniez que ma démarche n'est pas commerciale ! Sinon personne ne souhaitera m'aider
(et je le comprends.. moi le premier les commerciaux qui me démarchent ... )

N'hésitez pas à me poser des questions sur le travail mais le plan et les grandes lignes sont bien résumées dans mon autre message. Seul le thème à changé par celui que j'ai dit plus haut



Message édité par : elbo / 21-06-2009 11:49


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RabinOvitch
98    

RabinOvitch
  Posté : 29-06-2009 11:16

Quelqu'un a t-il vu sa façon de fonctionner vraiment changer dans sa structure depuis la mise en place des génériques ? Que ce soit dans l'industrie, l'officine ou répartiteur... ?

J'aimerais bien connaitres vos avis


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damien-en-mer
704      
 Modérateur

damien-en-mer
  Posté : 29-06-2009 14:28

Bon. Je me lance.

Mon cher Rabinovitch, je ne suis qu'un humble pharmacien adjoint. Je n'ai donc pas eu le loisir de tâter beaucoup de gestion de stock jusqu'à présent. Ce dont je peux témoigner, en revanche, c'est de mon expérience au comptoir.

J'ai fait mes premières saisons dans une officine en tant qu'étudiant en pharmacie en 1998 et 1999. 1999 est l'année où est arrivé le droit de substitution : un pharmacien pouvait dès lors remplacer un médicament prescrit par un médecin par le médicament équivalent de son choix, à condition que ce dernier soit moins cher que la spécialité prescrite.
Il a fallu quelques années pour que la notion de génériques soit connue et comprise par le plus grand nombre. Grâce au long travail de patience et d'éducation de nombreux confrères. Mais il arrive encore aujourd'hui de rencontrer des clients qui n'en ont jamais entendu parler. D'un autre côté, on ne va pas leur en vouloir de ne pas tomber malade assez souvent et de ne pas scotcher devant leur TV.

La première réaction du patient-client dépend de la façon dont il a entendu parler du générique ; s'il en a entendu parler comme un progès dans les media, il est assez souvent demandeur. Idem si c'est son médecin qui les lui a suggéré. Mais quand c'est son pharmacien qui lui propose, il se demande, légitimement, si tout cela est bien dans son intérêt à lui. D'autant que pendant longtemps, le pharmacien a eu un net intérêt financier à vendre du générique plutôt que du princeps. Le résultat dépend alors de la relation de confiance qui s'est instaurée ou non entre le pharmacien et le client. A chaque confrère de MERITER cette confiance.

Certains confrères en situation de concurrence ont néanmoins joué la carte de ne pas substituer, sans doute afin de ne pas perdre leurs clients inquiets à l'idée qu'on leur donne un médicament qui n'a pas le même nom que celui qui a été prescrit. Moi qui exerce en milieu touristique, j'ai remarqué que de nombreuses pharmacies franciliennes étaient parmi celles-là jusqu'il y a quelques années, avec l'instauration du "tiers-payant contre génériques".

Beaucoup de fantasmes entourent aussi le générique, qui serait vecteur d'allergies. En fait, l'explication est simple : les excipients (substances autres que le principe actif) n'étant pas les mêmes dans le princeps et dans ses différents génériques, on peut être allergique à l'un sans être allergique aux autres. On peut donc tout aussi bien être allergique à un princeps et pas à son générique. Malheureusement, des médecins prompts à caresser leur clientèle dans le sens du poil "de peur de..." jouent la carte de les entretenir dans ces craintes irrationnelles.

Autre point sensible : les antibiotiques. Par nature, un antibiotique peut rencontrer des bactéries résistantes. En pratique, on peut donc rarement être assuré par avance de l'efficacité d'un antibiotique. En cas de résistance, un autre antibiotique doit être prescrit après constatation de l'échec du premier traitement. Pour peu que le pharmacien ait délivré un générique la première fois, certains médecins n'hésitent pas à reporter la faute sur le générique, de peur que leurs patients pensent qu'ils sont de mauvais médecins parce qu'ils n'ont pas prescrit le "bon antibio". Ils prennent néanmoins bien soin de ne pas represcrire le princeps correspondant : ils proposent un autre antibiotique. Le pharmacien, pour des raisons commerciales, se trouve contraint, cette fois, de ne pas substituer. Bien sûr, le deuxième traitement fonctionne et conforte le patient dans l'idée que les génériques sont moins efficaces. On a beau, derrière notre comptoir, constater l'absurdité du raisonnement, les quelques minutes dont nous disposons avec notre client sont insuffisantes pour lui faire changer d'avis sur ce qui fait pour lui office de bon sens.
Le cas du médecin qui se défausse sur les génériques ne se limite malheureusement pas qu'aux antibiotiques.

D'autres questions méritent aussi d'être posées : par exemple, un sujet a fait débat sur ce forum il y a quelques mois : certains génériques de la d é pa k i n e auraient présenté des différences pharmacologiques significatives avec leur princeps, entraînant des effets graves chez les patients. Info ou intox ? La question mérite d'être posée, de façon ouverte, tant la santé des patients doit rester prioritaire sur la question financière et tant les labos fabriquants des princeps sont prêts à faire feu de tout bois pour contrer les génériques, que ce soit en introduisant le doute sur leur qualité, en sortant sans arrêt de nouveaux dosages ou en recourrant à des subterfuges comme S E R V I E R, qui a changé le dosage nominal du C O V E R S Y L sans changer le dosage en pricipe actif et se trouve aujourd'hui en litige avec le seul génériqueur de ce médicament.

Pour autant, je ne prétends pas que les laboratoires produisant du générique sont des saints. Leur seule raison d'être est de copier ce qui se fait déjà en limitant les coûts. Il s'agit dès lors de rester vigilant, afin de s'assurer que ces économies ne soient jamais faites au détriment de la sécurité. C'est un des rôles de l'AFSSAPS. On sort ici du petit monde de l'officine.

A noter également que dans le cadre du protocole "tiers-payant contre génériques", les infractions à la règle n'entraînent pas de sanctions ou alors de façon marginale. En tous cas dans mon département.

Je conclus en disant qu'à titre personnel, je suis un consommateur de génériques et que je n'hésite pas à en donner à mon fils.

Tu peux donc constater à quel point il est difficile de trouver un équilibre satisfaisant dans un secteur qui brasse beaucoup d'argent, touche à la santé et donc à un point sensible d'un consommateur final qui n'a pas les armes pour comprendre tous les tenants et aboutissants du problème et se trouve par ailleurs confronté à des informations contradictoires qui ont parfois plus à voir avec de la stratégie commerciale qu'avec de l'éducation sanitaire.


Bon courage pour ton étude.

Damien.



http://apab.asso-web.com

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RabinOvitch
98    

RabinOvitch
  Posté : 29-06-2009 17:32

Woaw,
Je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un prenne la peine d'écrire autant d'infos, merci beaucoup !
J’imagine faire plutôt des interviews mais ta réponse va m’être super utile pour commenter les informations que tu me donnes et bien faire comprendre ce que je recherche

Citation : damien-en-mer 
[...] je ne suis qu'un humble pharmacien adjoint. [...]

Je ne suis encore que étudiant :p



Citation : damien-en-mer
[...] est l'année où est arrivé le droit de substitution [...]

J'ai pris connaissance de cette loi et elle fait partie du "pack" qui m'intéresse pour voir les réactions des différents acteurs face à l'arrivée du générique



Citation : damien-en-mer
La première réaction du patient-client dépend de la façon dont il a entendu parler du générique ; s'il en a entendu parler comme un progès dans les media, il est assez souvent demandeur. Idem si c'est son médecin qui les lui a suggéré. Mais quand c'est son pharmacien qui lui propose, il se demande, légitimement, si tout cela est bien dans son intérêt à lui. D'autant que pendant longtemps, le pharmacien a eu un net intérêt financier à vendre du générique plutôt que du princeps. [...]

On commence vraiment à se rapprocher de ma problématique puisque ce qui m'intéresse est la stratégie que les acteurs (laboratoires, officines, les proffessionels de santé) ont mis en place suite au générique. Ont-ils joué le jeu ? Pourquoi oui ou non ? Qu'ont-ils fait lors des premières AMM? Ont-ils de suite distribué ou produit des génériques ? ...



Citation : damien-en-mer
Certains confrères en situation de concurrence ont néanmoins joué la carte de ne pas substituer, sans doute afin de ne pas perdre leurs clients inquiets à l'idée qu'on leur donne un médicament qui n'a pas le même nom que celui qui a été prescrit.[...]

Même remarque que précédemment, on est en plein dedans pour le cas d'une officine !! Mais j'aimerais et j'ai besoin de pouvoir extrapoler au niveau général et de manière plus macroéconomique



Citation : damien-en-mer
[...] avec l'instauration du "tiers-payant contre génériques". [...]

Je vais faire des recherches mais si quelqu'un peu me dire deux mots à ce sujet...



Citation : damien-en-mer
Beaucoup de fantasmes entourent aussi le générique, qui serait vecteur d'allergies. En fait, l'explication est simple : les excipients (substances autres que le principe actif) n'étant pas les mêmes dans le princeps et dans ses différents génériques, on peut être allergique à l'un sans être allergique aux autres. On peut donc tout aussi bien être allergique à un princeps et pas à son générique. Malheureusement, des médecins prompts à caresser leur clientèle dans le sens du poil "de peur de..." jouent la carte de les entretenir dans ces craintes irrationnelles.

Même si mes recherches avaient répondu à la question merci pour la description des cas possibles d'allergies. La aussi on est tout à fait dans le sujet quand à l'action et réaction du généraliste! La aussi, pouvoir extrapoler serait formidable!



Citation : damien-en-mer
[...] Pour peu que le pharmacien ait délivré un générique la première fois, certains médecins n'hésitent pas à reporter la faute sur le générique, de peur que leurs patients pensent qu'ils sont de mauvais médecins parce qu'ils n'ont pas prescrit le "bon antibio". Ils prennent néanmoins bien soin de ne pas represcrire le princeps correspondant : ils proposent un autre antibiotique. Le pharmacien, pour des raisons commerciales, se trouve contraint, cette fois, de ne pas substituer. Bien sûr, le deuxième traitement fonctionne et conforte le patient dans l'idée que les génériques sont moins efficaces.

La aussi, ce sont exactement les informations que je cherche, qui me permettent de faire des "profils" sur les différents comportements
Mais qu'entends-tu par:
Ils prennent néanmoins bien soin de ne pas represcrire le princeps correspondant
Pourquoi le font-ils ? ils pensent que le client développera un effet cauet négatif dessus car il a un apriori sur l'intégralité du principe actif ? C'est vis-à-vis du pharmacien pour ne pas qu'il resubstitue la substance ?... J'ai plusieurs idées la dessus, j'aimerais savoir laquelle est la bonne



Citation : damien-en-mer
Le cas du médecin qui se défausse sur les génériques ne se limite malheureusement pas qu'aux antibiotiques.

C'est un autre sujet qui n'a rien à voir où tu penses à quelque chose de précis ?



Citation : damien-en-mer
[...] comme S E R V I E R, qui a changé le dosage nominal du C O V E R S Y L sans changer le dosage en pricipe actif et se trouve aujourd'hui en litige avec le seul génériqueur de ce médicament.

C'est aussi exactement ce qu'il me faut... du coté des laboratoires encore une fois, j'aimerais pouvoir regarder ça "de plus haut"
Ca m'intéresse d'autant plus que, selon moi, ceux qui ont le plus du connaître de changement (mais arrêtez moi si je me trompe) sont les laboratoires, génériqueurs ou pas...



Citation : damien-en-mer
Pour autant, je ne prétends pas que les laboratoires produisant du générique sont des saints. Leur seule raison d'être est de copier ce qui se fait déjà en limitant les coûts. Il s'agit dès lors de rester vigilant, afin de s'assurer que ces économies ne soient jamais faites au détriment de la sécurité. C'est un des rôles de l'AFSSAPS. On sort ici du petit monde de l'officine.

La aussi, les questions que je suis amené à me poser c'est "comment fixer la limite profit/risque" "comment communiquer" "quelle politique de prix (même si c'est difficile)..."



Citation : damien-en-mer
A noter également que dans le cadre du protocole "tiers-payant contre génériques", les infractions à la règle n'entraînent pas de sanctions ou alors de façon marginale. En tous cas dans mon département.

Je vais faire quelques recherche car je ne connais pas ce protocole, je voudrais savoir en quoi il consiste et si il concerne mon sujet



Citation : damien-en-mer
Tu peux donc constater à quel point il est difficile de trouver un équilibre satisfaisant dans un secteur qui brasse beaucoup d'argent, touche à la santé et donc à un point sensible d'un consommateur final qui n'a pas les armes pour comprendre tous les tenants et aboutissants du problème et se trouve par ailleurs confronté à des informations contradictoires qui ont parfois plus à voir avec de la stratégie commerciale qu'avec de l'éducation sanitaire.

C'est pourquoi j'ai choisi ce sujet, il me semble très intéressant et dans l'air du temps !



en tout cas encore une fois merci infiniment car ton message me servira beaucoup, comme exemple, pour orienter mes recherches, et peut-être lancer un peu le débat ici avec d'autres personnes !


(encore un post à rallonge)

Message édité par : RabinOvitch / 29-06-2009 17:53


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Whoops
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Whoops
  Posté : 29-06-2009 18:33

>>[...] avec l'instauration du "tiers-payant contre génériques". [...]

Oui, pour les départements qui n'atteignent pas leurs objectifs de substitution annuels (même si on voit qu'il y a des exceptions), la Sécu met en place cette mesure qui signifie pour les malades : si vous n'acceptez pas les génériques, vous n'aurez pas droit au tiers-payant. Ils doivent donc avancer l'argent pour les médicaments concernés et de notre côté on édite une feuille de soins. Si c'est fait avec la carte vitale, la personne est remboursée dans la semaine, sinon... et la Sécu demande de faire sans, mais bon, on reste maître de nos actes... Donc dans l'esprit c'est une mesure contraignante pour le client.

Bon, j'en dis pas plus, je vois que Damien est sur le forum, pour peu qu'il soit en train de pondre un sommet pour répondre à toutes tes questions, ça serait ballot de tout écrire en double.

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damien-en-mer
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damien-en-mer
  Posté : 29-06-2009 18:41

Tiers-payant contre générique : c'est une mesure mise en place par les caisses de Sécurité Sociale de certains départements (de plus en plus nombreux) : les CPAM (Caisses primaires d'assurance maladie) fixent des objectifs de vente de génériques en pourcentage. S'ils ne sont pas atteints, dans certains cas, elles recourent à cette mesure qui concerne alors toutes les officines du département.

Le tiers payant, c'est le fait qu'un tiers se charge de payer les médicaments : autrement dit, le client ne paie pas son pharmacien, c'est sa caisse de Sécu qui s'en charge. Le "tiers-payant contre générique" conditionne le tiers-payant à l'acceptation des génériques par le patient. S'il refuse, il doit avancer le montant. Il peut néanmoins se faire rembourser après coup en adressant sa feuille de soins à la Sécu.

Concernant l'antibiothérapie :
Si on te prescrit un antibio pour ton angine à streptocoques (c'est une bactérie) et que tu es toujours aussi mal 3 jours plus tard, c'est que le streptocoque en question a acquis une résistance à cette antibiotique. Il faut donc t'en prescrire un autre. C'est normal. Ce n'est pas ton médecin qui s'est trompé de médicament. Il ne pouvait simplement pas savoir à quoi le strepto serait résistant (sauf à faire faire des analyses qui prennent au moins 48h et qui pour diverses raisons n'ont pas lieu d'être faites systématiquement).
Mais le jugement du patient n'est pas toujours aussi affiné. Il peut penser que le médecin s'est trompé de médicament la première fois et qu'il aurait "dû" guérir 3 jours plus tôt. Sans doute pour éviter d'entrer dans des explications "compliquées", certains médecins profitent donc du fait que le pharmacien ait délivré un générique de l'antibiotique qu'ils avaient prescrit pour reporter la faute sur le générique, et donc sur le pharmacien. Ce phénomène est loin d'être anecdotique. J'en viens à ta question : s'il ne represcrit pas le princeps du même antibiotique, c'est tout simplement parce qu'il sait, lui, qu'il sera tout aussi inefficace que son générique.
Mais au passage, ce sont les génériques dans leur ensemble qui sont discrédités aux yeux du patient, et la rumeur se répand via son entourage... Cet effet de rumeur se retrouve dans le cas des allergies : les gens peu avares de raccourcis disent que les génériques provoquent des allergies et certains n'hésitent pas à se proclamer allergiques aux génériques, ce qui est une absurdité en soi... parfois approuvée par leur médecin (j'ai vu le cas !!!).
Dans le cas précis des antibiotiques, il n'y a aucune erreur d'appréciation du médecin. Mais il arrive aussi qu'un médecin prescrive, par exemple, un traitement anti-hypertenseur. La pression artérielle reste élevée. Pour peu que le pharmacien ait délivré le générique, certains médecins mettent en cause devant leur patient le fait que ce soit un générique et prescrivent tout à fait autre chose (dans l'espoir que ça marche mieux) en demandant de ne pas substituer (histoire de rester cohérent vis-à-vis du patient).

J'espère avoir répondu à tes questions.

http://apab.asso-web.com

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Whoops
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Whoops
  Posté : 29-06-2009 19:16

Ouais ben j'ai bien fait d'attendre.

>>Certains confrères en situation de concurrence ont néanmoins joué la carte de ne pas substituer, sans doute afin de ne pas perdre leurs clients inquiets à l'idée qu'on leur donne un médicament qui n'a pas le même nom que celui qui a été prescrit.[...]

Au début, il n'y avait aucune obligation de substitution, chacun faisait comme il le voulait. On parle beaucoup des marges arrière très intéressantes qui étaient alors admises pour encourager le pharmacien à faire connaître le générique. Celui-ci était alors totalement méconnu en France et il se disait tout et n'importe quoi (aujourd'hui aussi mais de faon nettement moins systématique).
On insiste moins effectivement sur le fait que les pharmaciens qui jouaient le jeu de la substitution se voyaient confrontés à l'attitude de ceux qui ne la jouaient pas et perdaient des clients pour cette simple raison (parce que lorsque deux messages sont proposés aux gens, forcément ils choisissent d'entendre celui qui leur convient le mieux).

Message édité par : Whoops / 29-06-2009 19:24


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damien-en-mer
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damien-en-mer
  Posté : 29-06-2009 19:26

Tout à fait d'accord.

Un détail, cependant : si les pharmaciens n'ont jamais été obligés d'imposer les génériques, ils ont depuis 1999 le devoir de les proposer...

http://apab.asso-web.com

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carob
147     

carob
  Posté : 29-06-2009 19:43

un autre détail, si le patient refuse un seul générique, c'est l'ensemble de l'ordonnance qu'il doit avancer, et pas seulement le médicament concerné, contrairement à ce que j'ai pu constater dans certaines pharmacies qui faisaient une double facturation!

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Whoops
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Whoops
  Posté : 29-06-2009 22:54

En fait, c'est l'ensemble des médicaments génériques qu'il refuse. Il est bien question de double facturation (une Vitale, l'autre non), dans les papiers remis par la CPAM.

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damien-en-mer
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 Modérateur

damien-en-mer
  Posté : 30-06-2009 00:40

Remarque d'ordre économique plus que marketing :

Les prix des médicaments étant fixés par l'Etat, était-il besoin de recourir aux génériques pour faire baisser les dépenses de santé ? Rien n'empêchait de faire baisser le prix du Clamoxyl au niveau de celui d'une amoxicilline quelconque. Mieux encore : si toutes les amoxi étaient produites par un ou deux labos, les économies d'échelle qui en résulteraient seraient de nature à faire encore plus baisser les prix. Car dans le système actuel, les prix doivent permettre de faire vivre au moins 20 labos !

D coup, je me demande parfois si cette histoire de substitution n'a pas plus à voir avec le principe d'ouverture du marché et de libre-concurrence qu'avec une politique d'économie de la santé...

Damien.

http://apab.asso-web.com

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syncmaster
2289       

syncmaster
  Posté : 30-06-2009 10:42

Le "tiers-payant contre génériques" c'est une vaste blague. Du moins là où j'exerce. AUCUN confrère n'applique cette mesure. Sinon c'est simple, le client va voir ailleurs...

Sinon on n'a pas parlé du fait que la substitution est aujourd'hui pour le pharmacien le seul moyen de s'en sortir économiquement, l'augmentation du taux de substitution et l'élargissement progressif du répertoire étant sensés compenser les baisses de chiffre et de marge consécutifs aux LFSS successives.
Bref en quelques années on est passé d'un système gagnant-gagnant (le pharmacien marge plus, la sécu fait des économies), à un système contraignant où la survie du pharmacien dépend principalement de l'acceptation des génériques par sa clientèle.

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RabinOvitch
98    

RabinOvitch
  Posté : 30-06-2009 10:49

C'est marrant car à lire vos réponses, je les trouve tellement logique que la question me semble finalement peu pertinente... c'est comme ça qu'on apprend !!

Merci Whoops et Damien pour les réponses sur le TP contre générique et l'antibiothérapie, je pense avoir bien compris le principe. Pour le TP contre générique cela devrait rentrer dans une petite partie de mon dossier concernant les lois et les décisions juridiques.



Woops quand tu parle des marges arrières très intéressantes pour encourager à faire connaitre le générique... qu'en est-il aujourd'hui ? Le montant de ces bfa est-il plus faible ou moins important aujourd'hui ? Quand tu dis "admise" je suppose que c'est l'Etat qui régie tout ça et limite aujourd'hui le montant de ces bfa ?
C'est intéressant, car il faudrait voir les autres mesures en même temps: Est-ce que l'Etat à demandé une nouvelle baisse de prix lors de la limitation des ces marges arrières (les coûts de distribution devenant plus faible sans ces marges...) ?
Il me semble pertinent de regarder et analyser quelles ont été les réactions des laboratoires vis-à-vis de ces mesures ?

De manière plus générale, je souhaite regarder pourquoi lors de l'émergence des génériques, un laboratoire ne faisant que du princeps par exemple va choisir d'aller ou non sur le marché du générique, exclusivement ou en complément de son autre activité.



Une question qui vous concerne plus directement:
Citation : Whoops
On insiste moins effectivement sur le fait que les pharmaciens qui jouaient le jeu de la substitution se voyaient confrontés à l'attitude de ceux qui ne la jouaient pas et perdaient des clients pour cette simple raison

D'après toi (et vous :p) comment un pharmacien va décider de sa politique sur la question:
De distribuer exclusivement du princeps (mais je pense que ca devient un peu... "Ringard" ou obsolète)
L'inverse (bien entendu, pour les produits qui peuvent l'être, pas ceux encore sous brevet)
Peut-être je me trompe, mais connaissant le client je suppose que pour la plupart, vous savez à l'avance que tel client aime ou pas le générique et si vous pouvez le lui proposer sans "danger" (commercialement)

En fait, tout ça pour savoir si un pharmacien est confronté à ce choix : Quel est le plus gros risque : proposer le générique ou non ?!?



Merci à Carob pour sa participation, ca devrait aussi rentrer sur le coté législatif de mon mémoire !



Enfin pour Damien et ton dernier message, je n'ai pas encore la prétention d'avoir assez lu et m'être renseigné mais cela fait partie des réponses que je souhaiterais avoir!

En attendant, je sais (je devrais plutôt dire je crois savoir!! mais...) que même si les prix sont fixé par l'Etat, les princeps et les génériques restent les moins cher d'Europe (je crois de l'ordre de 30%). Si ma lecture a été bonne, l'Etat ne fixe que le prix du générique. Je ne crois pas qu'il va dire au laboratoire le prix de son princeps (et donc le coût, la marge qu'il lui autorise, ...) mais demande que le générique soit au moins 30 à 60% moins cher (je n'ai pas les chiffres sous les yeux...) que le principe actif dont il est issus.

Ya peut-être quelque chose à faire vis-à-vis du "amoxi" mais comme tout secteur dès que des entrepreneurs voient le succès (pour un entrepreneur, le succès = rentabilité) dégagé par un produit (en plus il est peut-être simple à faire) il va vouloir investir et venir lui aussi sur le marché.
C’est une loi économique assez connu, une entreprise dans une situation de monopole, ou plusieurs qui se partagent un marché, vont devoir faire attention à ne pas dégager trop de marge. Cela semble étrange dans un premier temps mais il faut regarder le problème macro économiquement: une multinationale, qui s'aperçoit d'une niche où seulement quelques entreprises se disputent un marché très juteux... va forcement tout faire pour y aller...
Ainsi, un laboratoire qui sort un nouveau produit, doit mettre le prix assez élevé pour rentrer dans ses frais avant la fin du brevet, mais rester vigilant à ne pas gagner trop d'argent sinon ils verra énormément de concurrent arriver avec des génériques

Pour finir, concernant le prix du princeps, j'ai lu dans un texte qu'un laboratoire avait plus à perdre à tenter de s'aligner sur les génériques que garder son prix (il en vend moins certes, mais au même prix: il pourra garder son image, sa cohérence etc.. ) plutôt que d'essayer de baisser le prix, changer de communication, etc pour revendre autant mais moins cher (et donc moins de marge même en cumulé...)

Citation : damien-en-mer
Du coup, je me demande parfois si cette histoire de substitution n'a pas plus à voir avec le principe d'ouverture du marché et de libre-concurrence qu'avec une politique d'économie de la santé...

Il doit forcement y avoir un lien avec l'U.E !! Bien que le principe de libre concurrence est un peu remis en cause à partir du moment ou l'Etat intervient

Message édité par : RabinOvitch / 30-06-2009 10:51



Message édité par : RabinOvitch / 30-06-2009 10:53


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