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Débouchés en Pharmacie : Avis et témoignages#20505

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C'est quand même délicat de vous indiquer une marche à suivre ou des débouchés précis qui pourraient vous convenir.

Vous semblez avoir déjà des idées concernant les différentes filières.
Je vais tenter de vous apporter mon expérience, étant relativement jeune.
Je vais évidemment parler principalement de ce que je connais : l'officine. J'espère que vous aurez des réponses de pharmaciens dans d'autres milieux professionnels pour compléter et apporter de la nuance.

Déjà, je n'ai jamais perçu d'ambiance pesante entre salariés. C'est sûrement dépendant de l'équipe et pas suffisamment courant pour en faire une généralité.
Ensuite, aujourd'hui, le pharmacien d'officine peut prescrire et administrer tous les vaccins du calendrier vaccinal, réaliser des TROD et prescrire des antibiotiques en cas d'angine ou de cystite le nécessitant. On a de nouvelles missions chaque année : d'ailleurs, la généralisation du plan Osys est déjà actée pour l'année prochaine.
Dans mon officine, nous développons les entretiens pharmaceutiques, que les patients apprécient énormément.

Le contact avec la patientèle dépend de la structure, de l'esprit de l'officine (souvent imposé par le titulaire ou les pharmaciens présents depuis plusieurs années), de la localisation de la pharmacie, du milieu social des patients réguliers…
C'est très divers : chaque officine est unique.
Pour vous donner un ordre d'idée du salaire d'un simple adjoint en début de carrière, je suis actuellement à 3500€ nets pour 35h/semaine.

Le monopole n'est, jusqu'à présent, pas menacé ; la vente en ligne reste largement contrôlée (seule une pharmacie physique peut posséder un site pour vendre en France, via des autorisations obtenues auprès de l'Ordre national des pharmaciens, pour des spécialités précises).
J'ai plutôt l'impression que nous sommes dans une dynamique de progression de la profession au niveau officinal, notamment en termes de reconnaissance et de revalorisation des salaires (pour les salariés). Les titulaires autour de moi ne semblent pas nager dans la dépression et le chaos.
Mais mes impressions sont peut-être simplement guidées par de l'optimisme. On ne peut jamais savoir, avec certitude, ce qui nous attend.

En industrie, certains postes sont légalement réservés aux pharmaciens, en raison de la responsabilité portée par ceux-ci. Il s'agit notamment de tout ce qui implique une libération de lot. Il existe plusieurs secteurs : le contrôle qualité, les affaires réglementaires, la production…
J'ai des anciens camarades de promotion tout à fait épanouis dans l'industrie, satisfaits de leurs conditions de travail et de leur rémunération. D'autres décident de faire une passerelle vers l'officine après 2-3 ans.
Si vous êtes intéressé par l'industrie, des stages et des UE de découverte sont recommandés dès la 2e année.
Dans cette filière, il faut imaginer et mûrir un projet professionnel relativement tôt.

J'attire votre attention sur la réforme en cours : si vous vous dirigez vers l'officine ou l'industrie, en plus de votre diplôme d'État de docteur en pharmacie, vous devrez passer un DES (diplôme d'études spécialisées) en fin de cursus.
Simple formalité, mais si vous choisissez une filière que vous haïssez, vous risquez de trouver cela franchement pénible.

Pour la biologie médicale, le travail en laboratoire peut en stimuler certains, d'autres non. Je n'ai pas l'impression que les pharmaciens biologistes souffrent de précarité.

Pour la pharmacie hospitalière, également accessible par l'internat, c'est comme en officine : chaque situation est unique. Vous pouvez travailler dans diverses structures : privées, publiques, avec une surspécialisation ou non…

Vous abordez deux préoccupations différentes : bien gagner sa vie et être stimulé intellectuellement. Ce sont deux notions subjectives.
Moi, par exemple, je considère bien gagner ma vie ; pour certains, mon salaire est misérable.
Je juge aussi être stimulé parce que je vois des patients toute la journée. Étant sociable et loquace, c'est ce qui me nourrit.
D'ailleurs vous pouvez être stimulé à un certain poste, dans une certaine structure, et pas à un autre, dans une autre structure, au sein de la même filière.

En dehors de l'expérience, je vois mal ce qui pourrait vous aider à déterminer ce que vous voulez.

Travaillez dans des pharmacies différentes (pitié, évitez celles des grands centres commerciaux : elles représentent moins de 2% du maillage et ne reflètent absolument pas la réalité de la pratique officinale).
Faites des stages dans des entreprises pour l'industrie.
Faites des stages dans des laboratoires, des PUI, apprenez sur le terrain.
Vous avez aussi, il me semble, des événements comme le forum des métiers de la pharmacie chaque année à la fac.
Prenez contact avec des professionnels des différentes filières : vous pouvez échanger avec eux, de vive voix ou par mail.
Vous pouvez aussi vous adresser à vos professeurs, qui sont eux-mêmes pharmaciens la plupart du temps. Pharmaciens qui, souvent, se sont orientés vers la recherche-enseignement, voie non abordée ici, mais qui existe.

C'est à vous d'être acteur de votre orientation. Ce sont vos choix.

De mon temps (et c'est toujours en place à mon avis), on avait des actions d'orientation professionnelle à valider chaque année, notamment tout ce que je vous cite. D'ailleurs, étant en 4e année, vous devriez normalement déjà avoir fait votre choix de filière à cette période de l'année.
Ledude Ledudeicon_post
Tu fais une bonne analyse je trouve.

Pour connaître l’officine, je te rejoins largement sur la pauvreté intellectuelle. En 3 mois, tu as fait le tour. Aucune valeur ajoutée du pharmacien sur l’IA, sauf si tu aimes discuter météo au comptoir et faire copain copain avec tes clients. En tant que salarié, c’est un mouroir intellectuel, ou une planque si tu as un hobby à côté. MAIS tu peux t’éclater en tant que titulaire en choisissant totalement : ta typologie de pharma, la taille de ton équipe,… tu as des initiatives intéressantes type le réseau Origine, qui amène un discours rafraîchissant. Et avec l’IA, certainement des trucs intéressants à déployer.

Pour connaître aussi un peu l’industrie, le seul job intéressant en france est MSL. Sinon, il faut aller à l’étranger. Je caricature un peu, mais globalement, tu n’as pas de R&D, pas de market dans notre pays communiste sur-réglementé.

Ne lache pas l’affaire ! Continues de te poser les bonnes questions, et c’est quand même cool comme diplôme, il est très reconnu dans le monde de la santé (industrie, start-ups,…). Et tu n’es par ailleurs pas obligé de bosser dans la santé ;)
CompresseComplice2 CompresseComplice2icon_post
S’installer alors qu’on déteste l’officine, c’est du suicide.
Vous n’imaginez pas toutes les complications qui peuvent survenir dans la vie d’un titulaire, surtout dans une petite officine rurale des campagnes qui, comme vous le soulignez, ne vous permettra peut-être même pas de capitaliser à la hauteur de vos ambitions.
Vous allez vous faire souffrir pour aucun bénéfice.

Je ne comprends pas, en tant qu’« aspirant médecin contrarié », pourquoi vous n’êtes pas plus intéressé que cela par la pharmacie clinique et les nouvelles missions, ni même par le contact avec la patientèle.
Vous êtes en quatrième année, mais déjà complètement en décalage avec la génération des jeunes/futurs pharmaciens ayant justement à cœur de développer cet aspect du métier, qui est LE futur de l'officine.
Je ne comprends pas non plus votre choix de vous orienter vers l’officine alors que vous dites avoir des difficultés dans les interactions sociales.

Ne vous y méprenez pas : l’officine, c’est du comptoir. Un pharmacien d’officine qui ne fait pas de comptoir, en dehors des pharmacies spécialisées dans la PDA (et encore), ça n’existe pas.

Vu votre projet de vie (vous installer dans une officine de campagne sans contribuer à la vie sociale de l’officine, rester cloîtré dans un bureau, qui sera probablement un échec à la fois personnel, professionnel et financier…), je pense qu’il est préférable d’envisager une réorientation.
Je vous le dis avec toute la sincérité du monde. Il n'est pas trop tard pour demander un contrat pédagogique à votre université pour partir vers une autre filière.
 Message édité par : CompresseComplice2 / 22-03-2026 17:17
CompresseComplice2 CompresseComplice2icon_post
NB : d’après ce que j’ai pu lire, ce type d’officine est souvent difficile, voire impossible, à revendre. Il ne faut donc pas trop compter sur la capitalisation. En revanche, en cas de départ du prescripteur et/ou si le modèle évolue défavorablement (perte de monopole, vente en ligne, etc), les pertes seraient limitées, puisque la mise de départ reste faible.


Vous visez le type d'officine le plus difficile à gérer et qui demande le plus d'aimer son métier.
Oui la mise de départ est faible, oui vous allez potentiellement générer un gros revenu mensuel grâce à de faibles charges.
Mais vous allez bosser 60h/semaine. Et en contrepartie d'une mise de départ faible, vous allez peu capitaliser.
C'est ça le train de vie du pharmacien de campagne. Et évidemment, une énorme partie du travail est solitaire. Vous n'allez compter que sur vous-même pour une bonne partie du travail, incluant le comptoir.
C'est aussi dans ce type d'officine que vous allez devoir réaliser beaucoup de vaccins et de missions de proximité (TROD...).

Je pense que vous ne vous en rendez pas bien compte.
Si vous n'êtes motivé que par l'argent, ça ne fonctionnera pas.
tortus tortusicon_post
Bonjour, concernant la filière biologie médicale tu peux t’orienter vers l’hospitalo-universitaire, l’hospitalier ou le secteur privé.

Pour parler de ce dernier où j’exerce il y a actuellement une grosse pénurie de biologistes médicaux, quasi tous les laboratoires recrutent.

Après personne n’est devin et ne peut garantir la situation dans 20-30 ans, ceci dans tous les domaines d’activité.
Trahcoh Trahcohicon_post
Bonjour.

Pour la pharmacie hospitalière, je pense que vous avez fait une belle synthèse avec "La pharmacie hospitalière ne semble guère mieux se porter".

Ne vous y engagez surtout pas. Jamais.

En plus, des boulets qui ne veulent rien faire et des professionnels de santé qui veulent rester planqués dans un bureau sans voir personne, on en a déjà assez.

Le mieux, pour votre profil, ce serait un métier planqué qui ne serve à rien, genre à l'ordre des pharmaciens, à l'ARS, à la HAS, dans un ministère, ou à l'inspection des pharmacies.

Bonne poursuite de vos études. Si vous choisissez votre métier avec le même soin que vos études, une grande carrière s'ouvre à vous.

Don't feed the troll.
Piroy Piroyicon_post
Bonjour,

Effectivement Titulaire c'est bien plus sympa que pharmacien adjoint, et si tu fais une bonne affaire ou que tu gères bien et/ou que tu as de la chance niveau médecins, alors oui la pilule passera mieux c'est certain. Après si tu choisis mal, tu peux aussi te trouver baisé, et gagner 2,5k/mois pour 50h de présence...

Néanmoins, ça restera de la gestion, management ect. C'est un peu euphorisant quand tu as des bons chiffres, pour parler franchement c'est mon cas, j'ai acheté un truc ya bientôt 2 ans, ça marche très bien, je vais faire un transfert je me paie déjà très convenablement. Mais ça ne fait pas tout. Ca reste aussi pauvre intellectuellement, alors oui tu décides, oui tu te sens bien dans ton officine mais en toute franchise, n'importe qui un peu câblé peut faire ça, pas besoin d'être bac +6.

Si tu veux vraiment être médecin, que c'est quelque chose qui t'anime et que tu sens au fond de toi que tu regretteras toujours ton échec, ben tente la passerelle. Franchement, en 4ème année on est jeune, puis on est la génération "sacrifiée" par les boomers (sur le plan économique bien entendu, je me compare pas à la génération 14-18) ta retraite sera minable, et probablement à 70 ans. Alors "perdre" 4 années d'études, sur une vie de travail c'est pas grand chose.

Mais pour avoir pas mal de potes med g, je peux te dire qu'ils râlent pas mal aussi, l'herbe n'est pas forcément plus verte ailleurs

Bon courage à toi !



CompresseComplice2 CompresseComplice2icon_post
Citation : Trahcoh
Bonjour.

Pour la pharmacie hospitalière, je pense que vous avez fait une belle synthèse avec "La pharmacie hospitalière ne semble guère mieux se porter".

Ne vous y engagez surtout pas. Jamais.

En plus, des boulets qui ne veulent rien faire et des professionnels de santé qui veulent rester planqués dans un bureau sans voir personne, on en a déjà assez.

Le mieux, pour votre profil, ce serait un métier planqué qui ne serve à rien, genre à l'ordre des pharmaciens, à l'ARS, à la HAS, dans un ministère, ou à l'inspection des pharmacies.

Bonne poursuite de vos études. Si vous choisissez votre métier avec le même soin que vos études, une grande carrière s'ouvre à vous.

Don't feed the troll.


L'orienter vers l'Ordre, l'ARS, la HAS ou un ministère alors qu'il déteste la pharmacie et qu'il n'a aucun sens du relationnel... C'est suicidaire pour nous, pharmaciens.

Non, il faut l'orienter vers l'industrie.

L'op doit faire une passerelle et s'orienter vers un truc bullshit genre le marketing du médicament. Il ne servira à rien et ne pourra nuire à personne. Il ne sera même pas inscrit à l'Ordre pour ce genre de taf.
Sublimo Sublimoicon_post
Citation : CompresseComplice2
NB : d’après ce que j’ai pu lire, ce type d’officine est souvent difficile, voire impossible, à revendre. Il ne faut donc pas trop compter sur la capitalisation. En revanche, en cas de départ du prescripteur et/ou si le modèle évolue défavorablement (perte de monopole, vente en ligne, etc), les pertes seraient limitées, puisque la mise de départ reste faible.


Vous visez le type d'officine le plus difficile à gérer et qui demande le plus d'aimer son métier.
Oui la mise de départ est faible, oui vous allez potentiellement générer un gros revenu mensuel grâce à de faibles charges.
Mais vous allez bosser 60h/semaine. Et en contrepartie d'une mise de départ faible, vous allez peu capitaliser.
C'est ça le train de vie du pharmacien de campagne. Et évidemment, une énorme partie du travail est solitaire. Vous n'allez compter que sur vous-même pour une bonne partie du travail, incluant le comptoir.
C'est aussi dans ce type d'officine que vous allez devoir réaliser beaucoup de vaccins et de missions de proximité (TROD...).

Je pense que vous ne vous en rendez pas bien compte.
Si vous n'êtes motivé que par l'argent, ça ne fonctionnera pas.


C'est vrai que le titulaire acariâtre qui veut se cloitrer dans son bureau dans une pharma rurale de 2 personnes et 80 patients/jour. 😂

Après je m'en ferais pas en vieillissant on s'assagit et on apprend à aimer les relations sociales et que ce n'est pas si désagréable de parler de la pluie à Mme Michu.

En tous les cas vraiment le projet en l'état actuel serait un suicide professionnel. 😂

Après honnêtement si on s'inquiète de l'IA (ce que je conçois) je préfère être dans une profession blindé réglementairement avec un réseau en dur compliqué à dupliquer, des dizaines de barrière à l'entrée et du côté des possesseurs de capital plutôt qu'à faire des power points dans une COGIP où là pour le coup t'es remplaçable en une décision de N+1.
Ledude Ledudeicon_post
Il faut bien réfléchir au but : gagner de l’argent, s’épanouir, decouvrir des trucs, être planqué pour faire autre chose à côté.

ET se projeter dans le quotidien. Tu vas passer plus de temps au boulot qu’avec ta famille, vaut mieux que ce soit supportable.

N’oublies pas que tu peux aussi bosser ailleurs que dans la pharma. J’en ai connu un restaurateur (qui s’éclatait), et un consultant informatique (rien à voir). Plein de boîtes cherchent des profils un peu exotiques. Attention cependant au choc, la compétition est rude en dehors de notre petit monde protégé.
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