C'est quand même délicat de vous indiquer une marche à suivre ou des débouchés précis qui pourraient vous convenir.
Vous semblez avoir déjà des idées concernant les différentes filières.
Je vais tenter de vous apporter mon expérience, étant relativement jeune.
Je vais évidemment parler principalement de ce que je connais : l'officine. J'espère que vous aurez des réponses de pharmaciens dans d'autres milieux professionnels pour compléter et apporter de la nuance.
Déjà, je n'ai jamais perçu d'ambiance pesante entre salariés. C'est sûrement dépendant de l'équipe et pas suffisamment courant pour en faire une généralité.
Ensuite, aujourd'hui, le pharmacien d'officine peut prescrire et administrer tous les vaccins du calendrier vaccinal, réaliser des TROD et prescrire des antibiotiques en cas d'angine ou de cystite le nécessitant. On a de nouvelles missions chaque année : d'ailleurs, la généralisation du plan Osys est déjà actée pour l'année prochaine.
Dans mon officine, nous développons les entretiens pharmaceutiques, que les patients apprécient énormément.
Le contact avec la patientèle dépend de la structure, de l'esprit de l'officine (souvent imposé par le titulaire ou les pharmaciens présents depuis plusieurs années), de la localisation de la pharmacie, du milieu social des patients réguliers…
C'est très divers : chaque officine est unique.
Pour vous donner un ordre d'idée du salaire d'un simple adjoint en début de carrière, je suis actuellement à 3500€ nets pour 35h/semaine.
Le monopole n'est, jusqu'à présent, pas menacé ; la vente en ligne reste largement contrôlée (seule une pharmacie physique peut posséder un site pour vendre en France, via des autorisations obtenues auprès de l'Ordre national des pharmaciens, pour des spécialités précises).
J'ai plutôt l'impression que nous sommes dans une dynamique de progression de la profession au niveau officinal, notamment en termes de reconnaissance et de revalorisation des salaires (pour les salariés). Les titulaires autour de moi ne semblent pas nager dans la dépression et le chaos.
Mais mes impressions sont peut-être simplement guidées par de l'optimisme. On ne peut jamais savoir, avec certitude, ce qui nous attend.
En industrie, certains postes sont légalement réservés aux pharmaciens, en raison de la responsabilité portée par ceux-ci. Il s'agit notamment de tout ce qui implique une libération de lot. Il existe plusieurs secteurs : le contrôle qualité, les affaires réglementaires, la production…
J'ai des anciens camarades de promotion tout à fait épanouis dans l'industrie, satisfaits de leurs conditions de travail et de leur rémunération. D'autres décident de faire une passerelle vers l'officine après 2-3 ans.
Si vous êtes intéressé par l'industrie, des stages et des UE de découverte sont recommandés dès la 2e année.
Dans cette filière, il faut imaginer et mûrir un projet professionnel relativement tôt.
J'attire votre attention sur la réforme en cours : si vous vous dirigez vers l'officine ou l'industrie, en plus de votre diplôme d'État de docteur en pharmacie, vous devrez passer un DES (diplôme d'études spécialisées) en fin de cursus.
Simple formalité, mais si vous choisissez une filière que vous haïssez, vous risquez de trouver cela franchement pénible.
Pour la biologie médicale, le travail en laboratoire peut en stimuler certains, d'autres non. Je n'ai pas l'impression que les pharmaciens biologistes souffrent de précarité.
Pour la pharmacie hospitalière, également accessible par l'internat, c'est comme en officine : chaque situation est unique. Vous pouvez travailler dans diverses structures : privées, publiques, avec une surspécialisation ou non…
Vous abordez deux préoccupations différentes : bien gagner sa vie et être stimulé intellectuellement. Ce sont deux notions subjectives.
Moi, par exemple, je considère bien gagner ma vie ; pour certains, mon salaire est misérable.
Je juge aussi être stimulé parce que je vois des patients toute la journée. Étant sociable et loquace, c'est ce qui me nourrit.
D'ailleurs vous pouvez être stimulé à un certain poste, dans une certaine structure, et pas à un autre, dans une autre structure, au sein de la même filière.
En dehors de l'expérience, je vois mal ce qui pourrait vous aider à déterminer ce que vous voulez.
Travaillez dans des pharmacies différentes (pitié, évitez celles des grands centres commerciaux : elles représentent moins de 2% du maillage et ne reflètent absolument pas la réalité de la pratique officinale).
Faites des stages dans des entreprises pour l'industrie.
Faites des stages dans des laboratoires, des PUI, apprenez sur le terrain.
Vous avez aussi, il me semble, des événements comme le forum des métiers de la pharmacie chaque année à la fac.
Prenez contact avec des professionnels des différentes filières : vous pouvez échanger avec eux, de vive voix ou par mail.
Vous pouvez aussi vous adresser à vos professeurs, qui sont eux-mêmes pharmaciens la plupart du temps. Pharmaciens qui, souvent, se sont orientés vers la recherche-enseignement, voie non abordée ici, mais qui existe.
C'est à vous d'être acteur de votre orientation. Ce sont vos choix.
De mon temps (et c'est toujours en place à mon avis), on avait des actions d'orientation professionnelle à valider chaque année, notamment tout ce que je vous cite. D'ailleurs, étant en 4e année, vous devriez normalement déjà avoir fait votre choix de filière à cette période de l'année.