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AuteurBenzodiazépines, état des lieux de l'ANSM
pharma-espoir
2116       

pharma-espoir
  Posté : 12-01-2014 18:09

Je pensais que quelqu'un ouvrirait un post dessus mais comme personne le fait, je me lance.

L'ANSM a publié un état des lieux sur les benzos, il est mauvais et charge indirectement prescripteurs et pharmaciens.

Une phrase retient particulièrement mon attention :
"Les temps d’exposition aux benzodiazépines sont parfois très supérieurs aux recommandations de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) avec une utilisation annuelle de 4 à 5 mois pour les molécules hypnotiques et anxiolytiques. A noter qu’une proportion importante de patients les utilise en continu sur plusieurs années."

Encore une fois malheureusement ce rapport montre le manque de rigueur dans le contrôle pharmaceutique des prescriptions, ce n'est pas normal que autant de plans de traitements farfelus soient délivrés.

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PoLoGwADa
1179       

PoLoGwADa
  Posté : 12-01-2014 18:50

Le pharmacien, ou plutôt l'équipe pharmaceutique, se retranche derrière la responsabilité médicale pour ça .

Dans l'esprit de beaucoup ça devrait être aux médecins de REEVALUER la pertinence d'une prescription médicale , plutôt que de jouer aux "copier coller... On se revoit le mois prochain ?"

Il ne viendrait à l'esprit qu'à peu (très peu) de prendre son téléphone pour appeler le médecin et lui demander de faire son travail de REEVELUATION.

(" mais pour qui il se prend celui là, s'il continue je lui fais sa pub, et il voit plus un client.." )

Pour ça il faudrait que les professionnels de santé arrêtent de jouer pour eux, mais apprennent à jouer collectif .

Une douce utopie ( même si je suis persuadé que c 'est l'idéal) .

Peut on rêver ?

Message édité par : PoLoGwADa / 12-01-2014 18:51


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PharmaFC
2527       

PharmaFC
  Posté : 12-01-2014 18:57

tant que le pharmacien sera rémunéré à la boite et aux volumes...ça va être difficile en effet, il faudrait un honoraire pour refus de délivrance, après opinion pharmaceutique....sinon ce sera toujours le même triptyque, ...sur-prescription, sur-délivrance et sur-consommation...

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ami89
852      

ami89
  Posté : 12-01-2014 21:07

pharma-espoir, je ne vois pas en quoi le pharmacien "manque de rigueur dans le contrôle pharmaceutique des prescriptions".

- A l'hôpital (que tu donnes souvent en exemple), je ne me souviens pas d'un pharmacien qui appelle le médecin pour lui dire "arrêter le traitement".
- L'AMM mentionne une durée de prescription, pas une durée de traitement... Le médecin réévalue la nécessité d'adapter le traitement...
- Tout ce qu'on peut faire, c'est rappeler que le médicament est conditionnel (ex : hypnotique) et d'insister de réévaluer sérieusement le traitement avec le médecin, de parler des causes si jamais il y a une solution... Pour le reste, je ne pense pas que ce soit le boulot du pharmacien (directement).

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Agate91
368      

Agate91
  Posté : 12-01-2014 21:09

On est en plein délire.

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poussin_arverne
5849       

poussin_arverne
  Posté : 12-01-2014 21:23

Citation : pharma-espoir 
Encore une fois malheureusement ce rapport montre le manque de rigueur dans le contrôle pharmaceutique des prescriptions, ce n'est pas normal que autant de plans de traitements farfelus soient délivrés. 


Ce rapport montre surtout le mauvais état de santé psychologique de nos concitoyens ...

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Antoine_pharma
1188       

Antoine_pharma
  Posté : 12-01-2014 21:40

reevaluation vers quoi ? l'arret progressif des benzo par relai de traitement phyto ? Tout ça est aussi la consequence evidente des deremboursements des spasmines et autres euphytose en 2005 (je crois) non ? je suis pas pro medecine "douce", mais force est de constater que quand on laisse le choix entre une tapette à mouche non remboursé et un bazooka remboursé pour tuer un insecte, 75% des patients preferont ou reclameront le bazooka...
Si on est rentré dans un cercle vicieux du "le patient reclame du remboursé" ou de "le medecin par clientelisme prescrit que du remboursé", ou est la faute du pharmacien ?
Soyons attentif aux mise en place des traitement, pour en discuter du bienfondé avec le patient quand le prescripteur à la benzo facile, mais une fois le patient déja depuis plusieurs mois (ou année) sous anxio, notre impact au comptoir est malheureusement beaucoup plus reduit, sinon ecouter, essayer d'apporter une reponse differente du "tu stress, prend un lexo" parfois fait par certains medecins.




---------------------
" Il en faut peu pour être heureux
Vraiment très peu pour être heureux
Chassez de votre esprit tous vos soucis
Prenez la vie du bon côté
Riez, sautez, dansez, chantez
Et vous serez un ours très bien léché ! "

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pharma-espoir
2116       

pharma-espoir
  Posté : 13-01-2014 16:55

Citation : ami89 

pharma-espoir, je ne vois pas en quoi le pharmacien "manque de rigueur dans le contrôle pharmaceutique des prescriptions".

- A l'hôpital (que tu donnes souvent en exemple), je ne me souviens pas d'un pharmacien qui appelle le médecin pour lui dire "arrêter le traitement".
- L'AMM mentionne une durée de prescription, pas une durée de traitement... Le médecin réévalue la nécessité d'adapter le traitement...
- Tout ce qu'on peut faire, c'est rappeler que le médicament est conditionnel (ex : hypnotique) et d'insister de réévaluer sérieusement le traitement avec le médecin, de parler des causes si jamais il y a une solution... Pour le reste, je ne pense pas que ce soit le boulot du pharmacien (directement).  


Appeller systématiquement quand en mise en place de traitement, la prescription est hors AMM. Etre ferme en demandant une justification valable au médecin. Simple, mais efficace.

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PoLoGwADa
1179       

PoLoGwADa
  Posté : 13-01-2014 20:04

Le pharmacien connait les indications théoriques , mais ne connait pas les réelles motivations du médecin lorsqu'il prescrit un traitement.

Des milliers de médicaments sont délivrés et remboursés hors AMM chaque jour ( cf affaire médiator).

Si l'on voulait être sur que le médecin prescrive dans l 'AMM celui devrait l'attester en cochant une check list comportant les AMM des produits. Une mince affaire !

Hormis sa jugeote, les questions posées au patient ( questions qui peuvent être plus ou moins bien prises , suivant le degré d'"intimité" avec le patient) et ses déductions personnelles, le personnel dispensant n'a pas les moyens de savoir le pourquoi du comment de la motivation du médecin.

Il n'est donc pas si simple que ça d'être efficace ( surtout si l'on souhaite conserver des bonnes relations avec le médecin qui vous nourrit !)

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pharma-espoir
2116       

pharma-espoir
  Posté : 13-01-2014 22:47

C'est un mythe populaire cette histoire de médecin qui nous nourrit. J'avais fait un stage dans une officine de 15M de CA, plus de 10 pharmaciens, et beaucoup de para. Les préparateurs devaient faire vérifier systématiquement toutes leurs délivrances (idem pour les étudiant), et les médecins étaient régulièrement appelés au moindre doute. Chose importante aussi : les préparateurs avaient une blouse rose et les pharmaciens une blouse blanche, ce qui ne laissait place à aucune ambiguité.

Pour un patient mécontent et perdu, la pharma en gagnait 10 par le sérieux de ses délivrances. Regarde les différentes enquêtes d'opinion, les patients reprochent beaucoup plus aux pharmaciens d'être justement trop passifs que trop actifs.

Donc non, pas du tout d'accord, on a tout a y gagner en faisant correctement notre job.

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PoLoGwADa
1179       

PoLoGwADa
  Posté : 13-01-2014 22:52

La c ' est le commentaire du dernier paragraphe.. Aucune allusion aux premiers ?

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PharmaFC
2527       

PharmaFC
  Posté : 14-01-2014 09:51

là j suis assez d'accord avec pharmespoir...il est anormal de ne pas savoir qui nous sert dans une pharmacie et les patients attendent de leur pharmacien un rôle actif dans l'analyse et le côntrole de leur prescription, sinon autant confier ce rôle a des automates....par contre il faut y mettre du tact et de la diplomatie, le médecin est un partenaire avec qui on échange cordialement....tout le monde peut faire des erreurs...de prescription ou de délivrance...c'est le système de contrôle qui doit être infaillible...concernant le hors AMM, c'est plus délicat...il est difficile de refuser si un médecin confirme sa préscription...ou alors en son âme et conscience....

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syncmaster
2186       

syncmaster
  Posté : 14-01-2014 13:25

le port du badge indiquant sa fonction est obligatoire au comptoir hein... mais il est vrai qu'une bonne partie du public ne connait pas la différence entre pharmacien et préparateur...

Message édité par : syncmaster / 14-01-2014 13:30


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lilith
1293       

lilith
  Posté : 14-01-2014 13:36

Même avec un badge, toutes les personnes au comptoir sont pharmaciens pour les clients.
Dernièrement, une non- diplômée au comptoir (grrr), sa cliente lui disait qu 'elle avait entièrement confiance en son avis de pharmacienne ( re grrr). Et triplement grrrr car j' aurais aimé, que par honnêteté elle dise qu' elle ne l' était pas.
Mais c 'est un détail dans cette discussion.

Quant aux benzo, nombre de fois j' ai expliqué le mécanisme, la dépendance, sans nommer le mot " drogue". Ils sont tellement accros ! A l' idée de n' avoir pas assez de ces m... en réserve c' est panique et crise d' angoisse. Le serpent se mord la queue. Ma propre Mère, txene5, 1 le soir depuis pppfffoouuii avec une fois moment de confusion totale vers 1 h du matin. Je n' y arrive pas et le médecin prévenu continue...

Ou bien je suis une nullité...A voir...






Message édité par : lilith / 14-01-2014 13:53


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PharmaFC
2527       

PharmaFC
  Posté : 14-01-2014 13:47

si le gd public ne fait pas la différence c'est entièrement de votre faute....pour n'avoir pas su, (pas voulu?), clairement hiérarchiser les fonctions et les rôles et communiquer la dessus....

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pharma-espoir
2116       

pharma-espoir
  Posté : 18-01-2014 14:47

C'est vrai, mais c'est un autre débat. J'attends de voir les recommandations de l'ANSM aux prescripteurs et aux pharmaciens, mais on a un grand rôle à jouer là dessus, qui dépasse largement le conseil au patient. Il faudra être beaucoup plus ferme.

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PoLoGwADa
1179       

PoLoGwADa
  Posté : 18-01-2014 19:47

Pour s'orienter vers ça , il faudrait une profonde modification des règles du jeu. Ça a commencé , mais il ne faut pas oublier que c'est la carotte qui fait avancer l'âne. Comme l'a très justement souligné pharma fc, avec une rémunération aux volumes... On fait du volume !

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